Un Universitaire à la guerre

Sam Watts

Alan Rowland Chisholm

Alan Rowland Chisholm, c1915. University of Melbourne Archives, Alan Rowland Chisholm collection, 1980.0038

Je m’assieds dans ma bibliothèque et je me souviens de pourquoi j’aime l’histoire. Je tiens dans mes mains les mêmes lettres qu’un autre jeune homme tenait il y a presque un siècle. Il écrivait dans une tranchée ou quelquefois dans une petite ville, en indiquant toujours la même adresse: « Somewhere in France ». Je peux toucher les médailles que ce même homme a gagnées et j’imagine sa fierté. Je comprends que ces objets, ces documents, ne sont pas seulement des objets historiques; ce sont ses restes, ce sont ses vestiges d’homme. Les « poilus » sont morts mais leurs vestiges existent aujourd’hui dans des archives et des maisons de familles. Ces objets, ces phrases sur leur journal; ils sont importants à décrire parce qu’ils représentent le lien entre nous aujourd’hui et le passé. Ces documents ont encore plus d’importance pour moi parce qu’ils ont été écrits par un homme extraordinaire qui a été le premier professeur de français à l’Université de Melbourne; un homme qui a eu beaucoup d’influence sur l’enseignement et l’étude du français à l’Université pendant la plus grande partie du vingtième siècle.

Mon projet concerne un homme qui s’appelle Alan Rowland Chisholm, né en 1888 à Bathurst, NSW et mort en 1981 à Melbourne. Dès l’enfance, c’était un étudiant diligent avec un talent prodigieux pour les langues. Il est allé à l’école à Sydney puis à un institut universitaire de formation des maîtres. Il a obtenu une bourse d’études à l’étranger en 1912 et il a étudié à Berlin. Il a appris le français et l’allemand et il a reçu deux prix dans les deux langues de l’Association Phonétique Internationale. Il parlait bien l’espagnol et le latin aussi. Avant le

début de la guerre, il est rentré en Australie, puis en 1915 il s’est engagé dans l’A.I.F. Soldat ordinaire au début, il a rapidement reçu des promotions. Son talent dans le domaine des langues était admiré tant et si bien qu’il a été chargé d’écouter les communications allemandes en France. Après la guerre il est revenu à l’Université de Melbourne et il a enseigné le français ici pendant de nombreuses décennies. Il a écrit pendant la seconde guerre mondiale dans l’Argus en défense de la liberté de la France et de l’Italie face à l’agression nazie. Pour ses efforts dans les deux guerres mondiales, il a reçu la légion d’honneur (aussi pour son dévouement à la langue et la littérature françaises), une médaille de la République Italienne et un O.B.E., quatrième classe.

Je voudrais commenter certains documents qu’il a créés pendant la première guerre mondiale. Je décrirai principalement comment lettres et journaux intimes nous livrent une certaine réponse intellectuelle à la guerre (suite à venir).

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