Se nourrir sur le front

Karen Mezentsef and Nellie Bi

Officers enjoying their rations

“Officers enjoying their rations”, from Australia In The Great War number 1 p16. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection 1981.0081 item 5/1/1 box 6

Les rations

Les rations pendant la Première Guerre Mondiale se composaient de nourriture qui ne pouvait pas s’abîmer rapidement. Ainsi, beaucoup d’aliments étaient déshydratés, se conservaient en boîte, ou bien étaient salés car en utilisant le sel, on pouvait conserver la nourriture plus longtemps.

A cette époque-là, les rations d’un soldat australien incluaient par exemple : du “bully beef” qui est un type de bœuf préservé en boîte, de la confiture, du chocolat, du thé, du café, du beurre, il y avait aussi des biscuits durs au lieu de pain frais, des fruits et des légumes secs.

Il existe beaucoup de mots d’argot militaire de l’armée australienne qui décrivent négativement cette nourriture, par exemple : “graisse d’essieu” (ou “axle grease”) pour le beurre, et “le chien en boîte” (ou “dog in a can”) pour la viande en boîte, on peut facilement imaginer pourquoi…

Les colis

Heureusement, les soldats recevaient des colis de leur famille, amis ou groupe de soutien qui comprenaient des “articles de luxe” pour compléter leurs rations: du tabac, des gâteaux, du lait concentré sucré, du sucre, des biscuits sucrés, des saucisses, des journaux, des pochettes, et des vêtements tricotés à la main. 1 354 328 paires de chaussettes ont été fabriquées par des bénévoles et près de 2 millions de colis ont été envoyés en France pendant la guerre.

Ray Jones a reçu beaucoup de colis de ravitaillement dont il parlait souvent dans ses lettres. On voit qu’il remercie régulièrement ses parents pour les produits envoyés, et dans la lettre suivante il remercie sa sœur Dorry, et son amie Miss Callcott :

Excerpt from letter by Ray Jones, 1916

Extract from typescript of Ray Jones’ letter to his parents number 48, p20, 15 July 1916. University of Melbourne Archives Ray Jones collection 1981.0081 item 1/1/1/51 box 2

Le pain

Des boulangeries australiennes ont fourni le pain aux soldats sur le front. Il y avait cinq boulangeries qui fonctionnaient pendant la guerre. Elles produisaient 210000 rations par jour en France. Ces rations étaient envoyées par train de Rouen au front.

Les desserts

Dans les lettres de Ray Jones, on voit qu’il demande souvent à sa mère d’ envoyer des desserts. La plupart du temps il demande du sucre parce que c’était presque impossible d’en trouver “ici” (Jones, Lettre #119, p.8). De plus, la ration de sucre pour un soldat à cette époque-là était seulement de 1 lb par semaine (Jones, Lettre #139, pp.51-52). Sur place, le prix était excessivement élevé (Jones, Lettre #116, p.2). Les desserts quotidiens comme le chocolat, les biscuits, les bonbons et le pudding étaient des produits de luxe pour ces soldats “quelque part en France”.

Extraits de lettres de Ray Jones qui parlent des desserts :

Excerpt from Letter by Ray Jones, 1917

Extract from typescript of Ray Jones’ letter to his parents, number 116, p2, 16 December 1917. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection 1981.0081 item 1/1/1/116 box 2

Excerpt from Ray Jones letter, 1918

Extract from typescript of Ray Jones’ letter to his parents, number 135, pp51-52, 29 April 1918. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection 1981.0081 item 1/1/1/136 box 2

Excerpt from Ray Jones letter, 1918

Extract from typescript of Ray Jones’ letter to his parents, number 119, p8, 6 January 1918. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection 1981.0081 item 1/1/1/119 box 2

Le café

Pour les soldats sur le front, l’ “Australian Comforts Fund” fournissait du café, du thé et du chocolat chaud pour offrir un petit répit à la misère des tranchées. Le premier établissement qui fournissait ces produits a été fondé à Pozières en août 1916 par Chaplain W.E Dexter. Selon des rapports de l’ACF, plus de 12 millions de tasses de café et de thé ont été distribuées aux soldats pendant la Grande Guerre.

L’alcool

Sur le front, l’alcool remontait le moral aux soldats qui se battaient ; à l’arrière, il diminuait la douleur des soldats blessés. Cependant, l’alcool était aussi rare que le sucre ou le café. Avec la consommation d’alcool, des problèmes d’ivresse et d’alcoolisme des troupes surgissaient. Afin d’éviter les débordements, l’armée australienne avait établi des règles strictes. Par exemple, en accord avec les règles d’hygiène publique de Poperinghe, les estaminets avaient la permission de vendre de l’alcool aux soldats seulement de 11 à 13h et de 18 à 20h. Il était interdit de vendre de la bière anglaise ou de la bière brune. Cela veut dire que seule la bière légère était permise.

Pour faire face à la vie épouvantable de la guerre, un verre de rhum ou bien du “brandy” était considéré cent fois

plus efficace que la médecine. On peut le voir dans une petite histoire humoristique du rhum renversé tirée de Aussie Magazine (1919).

Pour White (1987), le brandy représentait pour ces soldats un moyen aussi important d’échapper à la réalité du quotidien que leurs voyages. Il explique : “Perhaps sightseeing was not as effective an escape as the cherry brandy, to which it gradually, over this period, gave precedence. But both were important methods of dealing with the realities of war.” (White, p. 73). On peut voir cet état d’esprit dans cette “ode” ou “hommage” au vin que l’on trouve dans le magazine “Aussie: The Australian Soldiers’ Magazine” :

Owed to Wine poem

“Owed to Wine by Mill” in Aussie: The Australian Soldiers’ Magazine, February 1919, p27. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection 1981.0081 item 5/1/3 box 6

Les References

White, Richard, (1987) ‘The Soldier as Tourist: The Australian Experience of the Great War’, War And Society, Volume 5, Number 1 (May), The University of New South Wales.

Les lettres de Ray Jones, Ray Jones collection, Les Archives de l’Université de Melbourne.

‘Aussie: The Australian Soldiers’ Magazine’, La Collection de Ray Jones, box 2. February 1919, n.11, Les Archives de l’Université de Melbourne.

http://museumvictoria.com.au/collections/themes/1848/australian-comforts-fund-world-war-i

http://joyoffieldrations.blogspot.com.au/2013/04/field-rations-humor-of-world-war-one.html#uds-search-results

http://www.cuisinealafrancaise.com/fr/article/19-brillat-savarin-jean-anthelme

http://www.awm.gov.au/collection/E00232

www.awm.gov.au/sites/default/files/c00474_2.jpg

http://www.tommyspackfillers.com/showitem.asp?itemRef=RL154

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Corned-beef-1.jpg

http://www.anzacday.org.au/miscellaneous/teacup.html

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