Le loisir, l’humour et les petits bonheurs sur le front

Holly Melland

Je vais parler des côtés plus légers de la première guerre mondiale ; plus particulièrement, la façon dont les soldats sur le front occidental se sont distraits. En lisant les mémoires d’Alan Chisholm, j’ai été inspirée par les petits bonheurs qu’il décrit sans trop mentionner les conditions de vie épouvantables ou les batailles.

Extracts from Aussie magazine

Aussie: the Australian Soldier’s Magazine, AIF Printing Section (1918-1919), various issues. The University of Melbourne Archives, Ray Jones Collection, 1981.0082

J’ai été intriguée par la façon dont Chisholm et les autres soldats semblent toujours positifs dans leurs écrits, j’ai donc décidé d’enquêter sur les différentes formes de divertissement des soldats et d’explorer la façon dont ils faisaient face à la réalité de la guerre.

Je vais utiliser les réminiscences du soldat australien Alan Chisholm dans ‘Martial Memories’, des extraits du magazine ‘Aussie’ et l’article de Graham Seal ‘We’re Here Because We’re Here : Trench Culture of the Great War’, ainsi que quelques lettres d’autres soldats.  Il est clair que les “diggers” ont dans l’ensemble eu tendance à parler plus souvent de leurs voyages, de la nourriture, de leurs amis, et des paysages que de leurs combats ou de la guerre.

Avant de s’enrôler dans l’armée, Alan Chisholm était un professeur qui savait parler de nombreuses langues, y compris le français et l’allemand. C’était un lecteur avide et il tenait une liste des livres lus chaque semaine sur le front. Il a remarqué que la lecture était un passe-temps très courant parmi les soldats et qu’ils lisaient souvent des livres français et allemands, de plus c’était une occasion de lire les classiques [1].

Chisholm a aussi dit qu’il était fasciné par les paysages dans les zones de combat. Par exemple :

« Ypres fascinated me, despite the frightful damage that had been done to it just before I first saw it. I had to report at a battalion headquarters, and found it palatially installed in the old Halle aux Draps, with bits of splendid Flemish furniture scattered about. But this splendour was sadly, though almost comically, marred by the fact that the place had no roof… » [1]

…une excellente manière de voir la beauté au milieu de la destruction.

Le chant était efficace pour remonter le moral des soldats dans les tranchées comme dans les concerts plus ou moins professionnels organisés pour les distraire. Selon Chisholm:

« In the various areas to which I was assigned, there was always a good concert company – in which the female parts were, as in Shakespeare’s time, taken by men. Some of the work was fairly crude, but quite a lot of it was professional. » [1]

Graham Seal souligne l’importance du chant pendant la guerre qui était nécessaire pour faire face aux nécessités du combat. Il dit aussi :

« In addition to the primary functions of song—evocation of experience and attitudes to it, bonding, sentimental recollection—the songs of the trench often expressed a bleak and black form of humour of the type often called ‘gallows humour’. » [2]

Il est possible que cet humour ait été l’élément le plus important de l’identité australienne pour se débrouiller et faire face aux moments difficiles. Les diggers ont publié leur propre magazine dans les tranchées, « Aussie ». Chaque édition est remplie d’anecdotes, d’annonces et de dessins humoristiques. Ils se moquent souvent des réalités bizarres de la guerre. L’humour australien dans ce magazine est souvent ironique, satirique, et sarcastique.  Sans doute, le magazine a diverti beaucoup de soldats tout en promouvant la camaraderie entre les diggers, en insistant par l’humour sur les points communs de leur vécu à la guerre.

Dans les tranchées, les soldats fêtaient de nombreux jours fériés du calendrier militaire, religieux et culturel [2]. Ils attendaient avec impatience ces jours qui contribuaient à leur faire garder le moral. Il est évident dans la correspondance des soldats que les diggers attendaient Noël et les autres fêtes avec impatience et qu’elles leur donnaient un peu d’espoir. Même si leur Noël était méconnaissable comme le décrit dans une lettre le signaleur australien Ray Jones, cela semblait leur procurer un peu de bonheur :

« Xmas day & Boxing day I am sorry to say was spent by me in the front line sitting in a wet trench with the ‘phone to my ear, whilst my Xmas dinner consisted of a slice of mud coated bread and some tinned beans, but I was hungry and enjoyed it. You were in my thoughts all the time and making allowance for the difference in time I was trying to imagine what you were all doing, from the sock opening process until it was time for you to go to bed again. » [3]

Je n’ai pas parlé de toutes les activités de loisir pour les diggers, mais j’espère vous avoir donné une impression d’un autre aspect de la première guerre mondiale : les moments qui étaient amusants et paisibles. Pour conclure, je vous laisse avec deux citations des mémoires d’Alan Chisholm :

« The Australian capacity for laughs was a highly important factor in the entertainment sphere, and now and again a really dangerous episode was amusing. » Il continue à raconter une histoire dans laquelle un obus est presque tombé sur ses hommes, et ils ont réagi en riant. « No one was hurt, and there was as much laughter as there was indignation. »

 « War is undoubtedly horrible, but it has its amusing moments. And in the case of our fighting in France, there was a surprising amount of good entertainment. » [1]

Si on peut rire, on peut survivre.

 

Bibliographie                                                                                                                                 

[1]          Alan Chisholm Martial Memories, The University of Melbourne Archives, Chisholm Collection.

[2]          Graham Seal (2013) ‘We’re Here Because We’re Here’: Trench Culture of the Great War, Folklore, 124:2, 178-199, DOI: 10.1080/0015587X.2013.793068

[4]          Ray Jones (1916, December 28). [Letter to parents]. University of Melbourne Archives, Ray Jones Collection.

[5]          AIF Printing Section (1918-1919), various issues, Aussie: the Australian Soldier’s Magazine, The University of Melbourne Archives, Ray Jones Collection.

This entry was posted by dev-admin on at and is filed under Daily Life. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Both comments and pings are currently closed.

Comments are closed.

Want to get in touch?

For more information about the website or the collections, contact the University of Melbourne Archives at archives@archives.unimelb.edu.au or via the web form.

Contact us