L’art des tranchées

Scott Rowe

«L’art des tranchées» se réfère à tous types de produits artistique créé par les soldats de la première guerre mondiale. Un aspect fascinant de cet art est que les soldats étaient limités dans le type de matériaux et d’espace de travail disponible. Par conséquent, l’art produit était souvent réalisé à partir de matériaux trouvés sur place et prenait des formes variées, tels que de l’artisanat à partir d’obus d’artillerie, des aquarelles, des peintures, des croquis, des bandes dessinées, des histoires et des poèmes.

L’art des tranchées évoque l’image d’un soldat dans les tranchées réalisant des souvenirs pour ses proches sous le feu des mitrailleuses et des obus, mais ce n’était bien sûr pas le cas (Art of Great War, 2005). Les objets étaient souvent réalisés afin de tuer le temps entre les batailles. A travers cet art, c’est un aperçu de la réalité de la Grande Guerre, des mentalités et des émotions des soldats de l’époque qui se revèle.

Pendant le repos, les soldats alliés recueillaient des rebuts pour les graver, les souder et les envoyer à leur famille comme souvenirs (Trench Art, 2002). La fabrication de souvenirs, a mené à la formation de petites communautés où les soldats possédant des compétences artisanales étaient recherchés et l’art échangé contre de la nourriture, de l’alcool, des cigarettes et d’autres objets rares. Grace à la création de ces souvenirs, les soldats australiens ont trouvé des moyens de s’exprimer et de renforcer les liens au sein de leur bataillon.

Messines after capture, June 1917

Figure 1: Messines after capture, watercolour by Alan Chisholm, June 1917. University of Melbourne Archives, Alan Rowland Chisholm collection, 1979.0034

La première guerre mondiale a provoqué un énorme changement dans la vie quotidienne des soldats. Pour beaucoup d’entre eux c’était la première fois qu’ils rencontraient la violence, la mort, la camaraderie du champ de bataille, la culture étrangère et des langues inconnues. L’art produit par ces soldats, notamment des croquis et des peintures, représentait souvent l’un de ces thèmes. Un soldat australien avec un réel talent artistique était Alan Chisholm. Né à Bathurst, NSW, il était en charge d’intercepter les communications de l’ennemi en raison de sa maîtrise de l’allemand. Son aquarelle (figure 1) montre les ruines d’une ville détruite par la guerre, il est intéressant de noter le contraste entre le paysage désolé et le beau temps, peut-être une référence au contraste entre la paix et la violence de la vie d’un soldat.

Une autre aquarelle faite par un soldat australien inconnu en 1916, illustre deux

petits villages avant et après un bombardement (Australian War Memorial collection). Ces témoignages de la guerre en France montrent comment les soldats, au delà des combats, essayaient de trouver un sens à cette guerre et de montrer les conséquences de ces destructions pour ces villages ruraux.

 

Keeping his promise from Aussie magazine

Figure 2: “Keeping his promise”, Aussie magazine, April 1918, page 2

Les publications de guerre, en particulier les magazines, permettaient aux soldats de partager leur art avec un public plus large. Les magazines, souvent humoristiques, étaient très appréciés des soldats. Satire et jeux de mots revenaient fréquemment, notamment dans les bandes dessinées comme celles publiées dans «Aussie» par exemple, un magazine produit par les soldats australiens pendant la guerre (figure 2 et 3). Pour les soldats, les publications les distrayaient de la guerre et renforçaient un sentiment de camaraderie entre eux.

Wars Wild Alarms from Aussie magazine

Figure 3: “Wars wild alarms”, Aussie magazine, April 1918, page 2

Une autre publication intitulée «The Dernière Heure» publiée après la guerre, est une sorte d’ hommage à la France par des soldats australiens. Le poème «Remember» (figure 4), vraisemblablement écrit par « une française », parle de la bravoure des australiens et démontre comment les liens entre les pays alliés ont été renforcés dans la lutte contre les allemands. Grâce à ce type de publications, l’art des tranchées a eu un impact profond dans l’unification des troupes tout en fournissant une distraction bien nécessaire pour faire face aux dures réalités de la guerre.

The Derniere Heure, 1919

Figure 4: “Remember”, The Derniere Heure, page 25, published by the AIF, 1919. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection, box 7 item 5/1/5

Les Références

Australian War Memorial, Scrapbook leaf with two sketches and inscriptions. (n.d.). Retrieved from http://www.awm.gov.au/collection/ART03605.023/

Keeping His Promise. (1918, April 4). Aussie. p.2.

Trench Art. By the Diggers and for the Diggers. (2002, November). Retrieved from http://www.diggerhistory.info/pages-art/trench-art.htm

Trench Art of the Great War. (2005). Retrieved from http://www.trenchart.org

University of Melbourne Archives. Chisolm, Alan Rowland (1888 – 1981), 1979.0034, Watercolour of a Messines battlefield, 1917

University of Melbourne Archives. Ray Jones Collection, 1981.0081, The Derniere Heure Magazine, March 1919.

War’s Wild Alarms. (1918, April 4). Aussie. p.2.

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