La salubrité, hygiène et la santé publique dans les tranchées

Lizzie Hudson

La boue. Le sang. Les mouches.

Quand des milliers de soldats vivent et meurent tout près, la propagation des maladies est inévitable.

Aussie, January 1919, page 3

“Not in a position to judge” by A Storr, in Aussie: The Australian Soldiers’ Magazine March 1919, edited by Phillip L Harris, page 3. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection, 1981.0081, box 6 item 5/1/3

Bien sûr, la salubrité n’était pas un sujet populaire pour les historiens. CW Bean, l’historien officiel de guerre australien, ne mentionne pas les installations sanitaires dans son travail. Cependant, pour les commandants australiens, l’hygiène et l’assainissement dans les tranchées étaient essentiels pour la santé de leurs soldats parce qu’une épidémie pouvait être catastrophique. Les officiers ont donc régulièrement noté les conditions et ont vérifié que leurs hommes respectaient strictement les directives militaires. Après tout, une armée ne peut pas combattre l’ennemi ou défendre un emplacement si les soldats sont morts ou malades avant la bataille.

Le système

Les agents sanitaires avaient été nommés et formés, et ils étaient responsables de s’assurer que chaque unité avait pris les mesures nécessaires pour assurer un approvisionnement en eau potable, disposer des excréments, et prévenir la propagation des maladies infectieuses. C’était la responsabilité des officiers d’appliquer les règles. Si les soldats ne les respectaient pas, ils étaient arrêtés et punis.

“The attention of commanding officers is called to the regulations…for the observance of which they will be personally responsible…

Care will be taken that regimental units employ in their sanitary detachments only non-commissioned officers and men who are trained in sanitary duties ; this personnel should be changed as seldom as possible.”

Derham collection, First Australian Division Standing Orders 1915, p.20-21.

Latrines et déchets

Les documents écrits par William Keast sont très utiles pour l’exploration de la salubrité et de l’hygiène dans les tranchées de la première guerre mondiale. Une note de son carnet de bord, écrite le 16 avril 1916, concerne les conditions de l’ambulance divisionnaire. Dans une autre, le carnet de bord comprend une description des latrines et de la procédure d’élimination des déchets. L’utilisation répandue et abondante du ‘Chloride of Lime’ est soulignée :

“For latrines, the ‘bucket’ system is used. The Excreta being buried each day, after being covered with Chloride of Lime. Urine pits are also being used and these are also disinfected with Chloride of Lime. The Refuse from the Kitchen is placed in a pit, covered with Chloride of Lime and finally with earth”. Keast Field Notes, 16 avril 1916.

Dans les tranchées, on creusait les latrines à proximité. Généralement, c’était un trou dans le sol, au-dessus duquel était montée une planche comme siège.  Avec une permission, les soldats pouvaient quitter leur poste et utiliser les latrines. Bien sûr on n’y restait pas à cause de l’odeur.

Les officiers médicaux savaient que les mouches propageaient les maladies, donc l’incinération et la désinfection des excréments et des déchets devaient être réalisées au moins chaque jour.

L’eau potable

“Drinking water will only be taken from sources approved by a medical officer.”Derham collection, First Australian Division Standing Orders 1915, p.21.

Les commandants avaient compris que les ressources étaient rares, donc l’accès à l’eau potable était strictement contrôlé pour assurer un approvisionnement en eau sûr et fiable pour les soldats et les animaux. Avant qu’une source soit utilisée, elle était examinée par le médecin du travail et déclarée comme potable.

Les puits existants étaient tout le temps gardés par une sentinelle. L’eau était importante pour les chevaux et les mules aussi, et des barrages avaient été construits pour eux.

“Duty No 2 – Orders for Well Guard in Courtyard Keep, Athos Monastery

4. Place under arrest any soldier found gambling, creating a disturbance or refusing to obey the orders of the NCO or a sentry of the guard given in the execution of his office.

Duty No 3 – Orders for Supply Well Guard

3. To prevent any waste in water.

4. To prevent any person washing in dam recently constructed from mules and horses.”

Derham collection, Duties

Heureusement, les maladies transmises par l’eau, comme le cholera et la dysenterie, étaient évitables grâce à une bonne hygiène.

Animaux nuisibles

"Lice-nsed Racing at the Front" by Shaw, Aussie magazine, January 1918

“Lice-nsed Racing at the Front” by Shaw in Aussie magazine, January 1918. University of Melbourne Archives, Ray Jones collection 1981.0081

Les poux étaient faisaient partie de la vie quotidienne des soldats sur le front – il est estimé que 97% des hommes qui vivaient dans les tranchées en ont eu. Les poux survivaient bien dans les conditions chaudes, par exemple dans les vêtements. Néanmoins, l’immersion des vêtements dans la Naphtaline n’était pas suffisante car elle ne tuait pas les lentes, donc le problème continuait.

Aussie magazine – Issue 1er janvier 1918

 

Les poux n’étaient pas seulement énervants, mais ils propageaient des maladies comme la fièvre des tranchées, maladie débilitante et douloureuse qui causait une forte fièvre. Heureusement, ce n’était pas une menace pour la vie.

Il y avait des millions de rats aussi, qui abîmaient les provisions et mangeaient les corps des soldats. Ces animaux nuisibles rendaient la vie dans les tranchées plus pénible et désagréable, mais malheureusement ils étaient difficiles à exterminer.

Les maladies infectieuses

Malgré les règlements sanitaires, certains soldats tombaient malades. Les soldats avec de la fièvre ou la diarrhée étaient immédiatement envoyés au premier poste de secours ou au bureau de l’officier responsable.  Les officiers médicaux les examinaient et déterminaient la prochaine étape.

“Cases of infectious disease must be reported to Town Major’s Officer without delay, and in the meantime the necessary steps taken for the isolation of contacts.”

Derham Collection – Sanitation in Poperinghe 15/5/16

Conclusion

Dans la boue et le sang des tranchées, la santé publique était essentielle pour l’efficacité de l’armée à long terme. Les maladie affectaient la capacité de combat de l’armée donc il était très important de prévenir la propagation des maladies. Même si la propreté était une priorité quotidienne de l’époque, l’histoire la mentionne rarement.

 

Références

Aussie Magazine. Issue 1 (1918, January 18) and Issue 10 (1919 January). University of Melbourne Archives, Australia.

Bean, CW. (1920-1942). Official History of Australia in the War of 1914-1918. Retrieved from https://www.awm.gov.au/histories/first_world_war/

Body Lice. (2009). Retrieved from http://www.firstworldwar.com/atoz/bodylice.htm

Derham, AP. First Australian Division Standing Orders 1915, Duties and Sanitation in Poperinghe. Derham Collection. University of Melbourne Archives, Melbourne, Australia. 63/24

Keast, WR. (1916, April 16). Field Notes. Keast Collection. University of Melbourne Archives, Melbourne, Australia. 72/25

Miller, MG. (1918). Medical Services in the Field: Sanitation and Hygiene. Retrieved from http://www.vlib.us/medical/coll256.htm

Trench Latrines. (2009). Retrieved from http://www.firstworldwar.com/atoz/latrines.htm

Trench Life. (2009). Retrieved from http://www.firstworldwar.com/features/trenchlife.htm

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